30.08.07
Solo voy con mi pena
C'est tous les jours le même rituel en début de soirée à Buenos Aires. Toutes les poubelles (sans exception) sont complètement retournées, et les trieurs d'ordures s'affairent à récupérer ce qui est récupérable. Ils viennent des banlieues pauvres du sud avec leur charette, le plus souvent en famille, comme celle-ci, que j'ai prise en photo depuis la fenêtre de mon salon.
Dans un sac, un gamin a découvert un fond de bouteille de CocaCola. Il la regarde, puis la montre comme trophé à ses parents. Si les arrières des restaurants sont davantage propices à trouver de quoi se nourrir, papiers et cartons constituent la majorité de ce qui sera ramené au bidonville.
Le pauvre à Buenos Aires ne mendie pas. Oubliez l'assistanat français, ici, c'est du libéralisme pur et dur, la culture de la débrouille. Seuls quelques enfants s'accrochent parfois aux vêtements en réclamant una monedad por favor, mais les adultes y ont renoncé. Cela s'explique peut-être aussi par un sentiment de l'honneur et de la dignité très "forts" chez les Argentins, même chez ceux qui dorment sur des cartons, sur les trottoirs de l'avenue du 9 juillet.
Toujours à propos de la débrouille, s'il fait beau, on te proposera peut-être des cacahuètes grillées. S'il pleut, chaque esquina (croisement de rue) tous les 100 mètres comptera son vendeur de parapluies. Et dans le subte (métro), on pourra même te vendre des petites lampes de poche.
Ceci dit, la majorité des personnes qui t'accostent ne sont pas celles qui te demandent de leur donner du fric ou d'acheter un tutu rose à pois verts. Au contraire, elles veulent juste que tu prennes leur carte... le plus souvent des cartes de bar à putes. Et crois-moi, y'a le choix en la matière. Dans le microcentro, impossible de faire 100 mètres sans qu'un homme te tende l'une d'elles, plus ou moins discrètement, ou t'invite à le suivre, juste pour te montrer où c'est, bien entendu. Je suis pas certain de la rentabilité de l'investissement... Feraient mieux de copier sur les Londoniens qui eux, ont probablement trouvé une meilleure solution.
22.08.07
Colonia del Sacramento

port de Colonia del Sacramento (Uruguay)
Ce week-end, Raph, Marion et moi avons décidé de voyager un peu, pour profiter du week end prolongé qui s'offrait à nous. Direction Colonia, en Uruguay. Pour votre gouverne, sachez que cette ville de 20 000 Colonienses inscrite au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO fut successivement colonisée par les Portugais, les Espagnols, puis par les Portugais de nouveau et enfin par les Brésiliens. C'est tout ce que je sais. Pour le reste, j'ai passé mon temps à dire "wouah c'est beau".
Colonia est située sur l'autre rive du río de la Plata par rapport à Buenos Aires. Il suffit de traverser le fleuve en bâteau sur 50 km pour débarquer dans un autre monde, sorte de mélange entre Disney, la Provence et l'Andalousie. Un week-end reposant, bien dépaysant dans un très beau cadre. On oubliera juste les 2 nuits glaciales dans la chambre d'hôtel non chauffée. En gros, voyez ci-dessous ce que ça donne (la difficulté pour moi ayant été de sélectionner parmi mes 173 photos :p)
Et bien sûr, on clique sur les photos pour les agrandir ^^
... sinon oui, le Crédit Agricole est devenu le Crédit Uruguay.
Sachez aussi, parce que je ne veux rien vous cacher, que notre premier jour sur place, il n'a pas fait très beau. Autre ambiance, en périphérie du centre historique.
Enfin, pour terminer (et parce que vous en voulez encore :p) quelques photos du retour dans le port de Buenos Aires.
18.08.07
"Vas-y Francky"
C'était le vendredi 17 août 2007, vers 1h30, dans un bar du quartier de Palermo. Je finissais le jus de banane lorsqu'a retenti Fruit de la Passion de Francky Vincent. Moment assez surréaliste, durant lequel quelques Porteños bougeaient leurs fesses sur l'une des chansons qui, en France, n'est plus diffusée que dans les anniversaires des pères de famille de 60 ans.
Ne nous y trompons pas cependant, les Argentins aiment beaucoup notre culture. Le plus souvent, il ressort des conversations qu'ils se sentent nettement plus proches de nous que des Etats-Unis -la crise économique de 2001 n'ayant pas amélioré les choses-. En plein dans le centre d'ailleurs, impossible de râter l'imposant édifice abritant l'Alliance Française. J'y ai mis les pieds la semaine dernière à l'occasion des portes ouvertes, où le personnel nous accueillait, déguisé mi XVIème siècle - mi 118-218. Projections -gratuites- de films français et argentins, cours de langue, mise à disposition d'un impressionnant catalogue de presse, discothèque, bibliothèque... Même si l'on y trouve le CD 2 titres de la Bonne du Curé d'Annie Cordy, la France rayonne. N'en doutez pas.
Tenez, par exemple. Baladez-vous dans le microcentro, vous croiserez très vite deux librairies... françaises, et trouverez dans n'importe quelle bonne librairie de la rue Florida le dernier bouquin de Queffélec, Nothomb, ou encore Onfray même s'il semble que El Principito de Saint Exupéry bat les records. Autre chose : rentrez chez un disquaire de Buenos Aires, vous y débusquerez forcément au rayon "chansons françaises" du Edith Piaf et du Maurice Chevalier. Parlez de cinéma à un quidam, il vous répondra bien sûr Amélie mais aussi... Irréversible (le réalisateur, Gaspard Noé, est né à Buenos Aires ^^). Et si vous passez devant les cinémas de l'avenue Corrientes (la Broadway de l'Amérique du Sud), vous lèverez le nez vers de nombreux films français à l'affiche : Corazones (Coeurs), El Cantante (Quand j'étais Chanteur), La Vie en Rose, Molière... Ici notre cinéma a la cote, et il est bien le seul à pouvoir concurrencer Duro de Matar 4.0 ou Ahora son 13.
Enfin, le 7 septembre prochain, le rendez-vous est déjà pris dans une parilla non loin de Belgrano pour... France-Argentine. Mais bien sûr que j'aime le rubgy ! Qu'est-ce-que vous croyez ? :p
Couchers de Soleil. Avenue Cordoba et Puerto Madero.
13.08.07
Tigre
Ce dimanche, on a été à Tigre. Alors Tigre, c'est un gros village touristique à 30 km au nord de Buenos Aires dans un immense delta fluvial, au confluent du río de la Plata et du rio Paraná. Dans cette campagne résidentielle où les canaux serpentent entre les îlots, les voitures sont moins utiles que les barques. Une sorte de Venise à la campagne, loin de l'effervescence de la capitale...
Par contre, il faisait froid et le temps n'était pas terrible. Alors on retiendra surtout le trajet en train de 45 minutes environ, au départ de la gare du Retiro, qui nous a permis de traverser des banlieues assez chic mais aussi de véritables bidonvilles.
Et puis, au trajet du retour, il y a eu ce chien, aussi. Le train arrivé à quai, l'animal semblait douter d'être parvenu à destination. J'ai essayé de lui expliquer que c'était le terminus, mais il n'a sans doute pas compris.
07.08.07
¿ Hace mucho frío, no ?
¿ Hola, que tal ?
- Brrrrrr...
A l'heure du réchauffement climatique, nos petits Porteños ne se sont pas encore remis de la chute de neige du mois dernier (la précédente remontait à 1919). D'ailleurs, la vague de froid hivernal qui sévit depuis lors est, de loin, le premier sujet de discussion des Argentins pas -encore ?- cloués au lit. Riez, riez... On en reparlera dans deux mois ^^
En attendant, la fac a ré-ouvert ses portes depuis le 1er août. Contrairement à d'autres étudiants, mon cursus en sciences politiques m'autorise à suivre à peu près les matières de mon choix. Occasion parfaite pour découvrir d'autres domaines, l'approche artistique notamment. Je me suis ainsi retrouvé en cours d'Art et médias, d'Histoire de l'art hispanico-américain et de Critique de l'art, ce dernier s'avérant non moins passionnant. En plus, rien de tel pour trouver peut-être plus facilement mon stage sur place, peaufiner mon CV et raconter en rentrant que la peinture des murs de la Casa Rosada est faite à base de sang de boeuf.
D'ici deux jours, je devrai sélectionner 7 ou 8 cours. Puis, le 22 août, il n'en restera plus que 5 (ou plus si je le désire mais vu que je souhaite bosser comme un dingue entre les étagères des bibliothèques, bref). C'est difficile mais c'est la règle, comme dirait Nikos Aliagas.
Quelques mots sur l'enseignement. Nombreux sont les étudiants qui travaillent. C'est pourquoi la grande majorité des cours se déroulent entre 8h et 10h ou à partir de 18h le soir, jusqu'à 22h-22h30. Ici, pas d'amphis. Les étudiants formant une classe sont rassemblés dans une même salle et suivent tout leur cursus ensemble. Ce sont les profs qui se déplacent, pour un effectif pouvant aller jusqu'à une trentaine d'élèves... enfin on s'est retrouvé à 4 élèves pour 3 profs jeudi dernier ! Précisons que l'USAL est une université évidemment privée, et qu'il suffit de mettre les pieds à la UBA (Universidad de Buenos Aires) pour constater que le système éducatif est confronté aux mêmes problèmes... qu'en France. N'empêche qu'on reste en Argentine, d'où quelques réjouissances comme cette manifestation en fanfare sonnez-tambours-et-sifflets ce matin ou l'interruption du cours pour cause de fuite de gaz et de risque d'intoxication ce soir-même (c'est vrai qu'avec du recul, ça sentait fichtrement mauvais).
L'expression en Espagnol argentin n'est pas si difficile que je ne l'aurais pensé. Alors parfois c'est un peu la Tour de Babel et certains Porteños ont un débit de parole vertigineux, ce qui rend strictement impossible toute compréhension. Mais la plupart des gens prennent à coeur la volonté d'être compris et
n'hésitent pas à répéter ou à reformuler. Pas forcément évident
d'entretenir une discussion comme ça au début, c'est un effort de compréhension
et d'élocution assez conséquent, d'autant plus lorsque l'on est fatigué et que le Porteños d'en face est enrhumé. En fait, les contacts -plus ou moins approfondis- s'établissent surtout dans les soirées, incontournables. A ce propos d'ailleurs, mention "assez bien" à la grosse boîte de San Telmo, le Museum, un véritable... musée, pour 20 pesos l'entrée, qui accumule les qualités si ce n'est un son assez pourri. Mais tout le monde semble s'en foutre complètement.
Une autre idée du rassemblement, c'est la messe des Evangélistes made in USA où nous sommes tombés par hasard l'autre jour. Pour le coup, on en a eu pour notre argent d'autant plus que l'entrée était gratuite. On tape dans nos mains, on chante, on est content, et vas-y que je t'arnaque les pauvres qui réclament juste un peu de spectacle et de paillettes... Faudra se pencher davantage là-dessus.
Deux mots sur le dernier Pixar, que tout le monde ou presque a déjà vu : Ratatouille (en salle depuis un mois en Argentine). Le film vaut son pesant de pop corn -mais pas pendant la séance s'il vous plaît parce que oh hé hein bon-. L'animation bluffante et la musique très bien pensée apportent beaucoup à ce film charmant, dans la pure tradition des bons Disney. Cree en tus sueños. Faudra aussi que je vous parle de la séance de cinéma à Buenos Aires, et des films français connus ici, car là encore c'est sociologiquement parlant... très intéressant :p
Enfin je suis content, aussi, parce que j'ai trouvé ce matin, glissé sous la porte, mon premier courrier : une carte postale de Couizine. D'ailleurs Couizine, j'attends tes 1000 questions dès ton retour en France ^^
Et euh
Voilà voilà.
01.08.07
Carlos pellegrini 2..
(...) La porte de l'ascenseur fut claquée violemment. Le temps de quelques secondes, le vacarme brisa le silence inquiétant planant dans tout l’immeuble et sembla se perdre. Loin.
2ème étage.
Il repoussa la grille puis osa un regard autour de lui. C'était un peu comme dans ces séries B où le serial killer attend patiemment derrière l’une des portes avant de vous surprendre, et de vous étriper avec succulence. Une faible lumière éclairait le couloir.
Les gouttes de sueur perlaient sur son front. On lui avait précisemment indiqué le lieu. Aucune erreur n’était possible.
A sa grande surprise, la porte était déjà entrouverte. Il n’eut qu’à la pousser d’un simple geste.
Marcello avait vu juste.
Il y avait du sang. Partout. Du sang. (...)




























