Vuelvo al suR

Un año en Buenos Aires. Blog d'un étudiant français en année de mobilité à l'Université du Salvador en Argentine.

28.09.07

Infiltration

txt1

aspi

txt2


Pendant ce temps, Nelli, l'adorable femme de ménage, passait l'aspi.



24.09.07

Le désir d'être un volcan 2.0

"C'est quoi cette histoire d'euthanasier ton blog ?"

Herr General

img_1608




"Nous devrions sécréter une gomme spéciale effaçant au fur-et-à-mesure nos oeuvres et leur souvenir."

Francis Picabia

(post modifié 10 jours après sa publication initiale)
L'aventure continue.

21.09.07

Le voilà, youp'lala

J'suis content c'est l'printemps
Aujourd'hui j'ai rien à faire
Quelle aubaine turlutaine
Je marche le nez en l'air !

Les fans de la première heure reconnaîtront les paroles.

Aujourd'hui 21 septembre, c'est le "Dia de la Primavera", et les Argentins en ont fait un jour férié.

Chouette ^^

A BA, après dix jours de pluie et brouillard, le beau temps signe enfin son grand retour. Sortez les t-shirts et les lunettes de Soleil ! Les étalages de bouquets de fleurs ont supplanté ceux de parapluies, les restaurants ont décoré leurs vitrines pour fêter la saison nouvelle, et l'obélisque a changé de look pour célébrer 150 ans de relations bilatérales entre l'Argentine et l'Allemagne. On s'en fout un peu, mais c'est bien joli.

400obelisco

Et sinon, une femme est morte après avoir été écrasée par un bus en plein centre. Etonnant, tiens.

17.09.07

On a passé notre première soirée ensemble

... vendredi dernier. Rien que tous les deux. Assis sur le lit, toi sur mes genoux, on s’est rapidement senti très proches l'un de l'autre. Un peu maladroit, je ne savais pas trop comment m’y prendre... comment te prendre (oula :p). Faut dire que tu ne faisais pas grand-chose de ton côté. Et puis, c’est venu tout seul, petit à petit. Quelques heures ont suffi pour nous apprivoiser mutuellement. Quand on s’est quitté, je t’ai promis qu’on se reverrai le lendemain.

Tout a été très vite. Dès samedi soir, on est sorti chez des amis. Tu te faisais traîner, je n’étais pas super à l’aise avec toi dans la rue. Dans l’appartement, c’était différent. Les gens nous dévisageaient, le plus souvent agréablement surpris ou amusés de nous voir serrés l’un contre l’autre. Plus ou moins malgré nous, on est devenu l’attraction principale de la soirée. Ils m’ont posé plein de questions. Ils te trouvaient beau. J’étais fier de toi.

Je crois qu’on a un bon bout de chemin à faire ensemble. En espérant juste que tu te feras à moi. On se connaît depuis si peu de temps… Mais je tiens déjà beaucoup à toi, tu sais.

1

Car passer un an sans instrument de musique, c’était presque inconcevable.
On esquivera la difficulté pour trouver un accordéon chromatique à boutons à Buenos Aires. Si la démarche a été laborieuse, elle ne s’est pas avérée vaine. Et puis, voici l’occasion pour moi de me remettre à un instrument dont j’avais suivi des cours pendant six ans et que j’ai presque laissé tomber durant trois ans, hormis lors de concerts occasionnels. Les projets se multiplient déjà, entre animations dans les restaurants français et fêtes étudiantes en musique.

Déjà hier, c’était très fort. A voir devant moi ces sourires béats et ces regards pétillants, j’ai l’impression d’avoir distillé une petite dose de bonheur. Pour un rien... juste quelques sons impulsés par mes dix doigts. Bien sûr, c’est gratifiant, mais l’alchimie m’échappe un peu. La musique est bien plus forte que tous les mots de la Terre. Bien plus forte que nous, aussi.

Sinon, ça fait déjà deux mois que je suis sur place. Bien sûr, la France me manque un peu. Enfin… surtout les gens auxquels je suis attachés, les lieux que j’aime fréquenter... Rien de plus normal, après tout. C’est aussi ça, l’expérience du lointain. Prendre du recul, faire le tri, et voir ce qui nous reste essentiel.

Ceci dit je me plais vraiment bien ici. Il a fait un temps pourri toute la semaine qui vient de s’écouler, mais c’est encore mieux quand y’a du soleil. Et comme c'est bien connu, lorsqu’il pleut, on s’enferme, que ce soit devant son ordi ou dans les salles obscures. J’ai ainsi vu un film argentin, mi fiction, mi docu, Familia Lugones. C’est l’histoire de deux jeunes garçons qui quittent Buenos Aires pour passer quelques jours de vacances à Tigre. Ils empruntent des bouquins à la bibliothèque et se plongent dans la véritable histoire du passé d’une riche famille maudite dont plusieurs membres se sont suicidés. Très joyeux tout ça, hein. Les ¾ du film sont composés de témoignages, en espagnol et… sans sous-titres. Je n’ai naturellement pour ainsi dire rien compris, si ce n’est que c’était un film très intellectuel, mais probablement très bien.

Pour me consoler, je suis allé voir La Vengeance dans la Peau, le troisième épisode des aventures de Jason Bourne. Comme la majorité des films américains projetés dans les salles argentines, il était en anglais, sous-titrage espagnol. Compréhension nettement facilitée donc, d’autant plus que ne pas avoir vu les deux premiers films de la saga ne m’a pas trop porté préjudice. J’ai surtout été séduit par un film d’action qui brise les conventions, intelligent et efficace. Le sens du montage est stupéfiant de brutalité, Paul Greenglass va très vite à l'essentiel -cadre, image, dialogues-, porté par le renouvellement du genre que l'on retrouve aussi dans Mission Impossible 3. La caméra à l'épaule constamment en mouvement est un peu énervante, et le rythme plus que haletant, presque violent, empêche tout repos. Le film peut donc prendre la tête assez rapidement, car le spectateur est omnipotent, il voit tout, peut-être même trop. Reste que ce thriller aux allures de voyage sans répit aux quatre coins du monde vaut le détour.


Sans transition, quelques mots sur un ami musicien qui se lance dans la musique et part à la rencontre de son public. Je vous invite à écouter la maquette de l'artiste Little Neo sur sa page myspace, et à diffuser l'adresse autour de vous si le projet vous séduit. Moi, j'adhère totalement :p

09.09.07

Fête Nationale du Saucisson

... ça ne s'invente pas.
Ce samedi, j'ai testé pour vous la Fête du Saucisson ! (Ronan et Arnaud, vous auriez adoré, j'en suis certain ^^)

img_1415

IMG_1426Sous un temps hivernal à 30°C, la petite ville de Mercedes accueillait donc une traditionnelle manifestation qui draîne pas mal de monde. A trois heures de bus de Buenos Aires, manquer cette occasion de pèlerinage à la campagne aurait été malheureux.
Une fois arrivé sur place, le principe est simple : tu payes l'entrée sur le site pour obtenir le droit d'acheter tout ce que tu veux aux stands, principalement de la bouffe -y compris des saucissons- mais pas seulement. D'ailleurs, au début tu les cherches, les saucissons... avant de te rendre compte qu'ils sont tous rassemblés en meeting sous un chapiteau.

Grand moment donc, même si le mieux c'était le magasin de glaces dans le centre-ville. 1/4 de litre (soit l'équivalent d'un pot de fleur) pour 5 pesos.


 img_1409

08.09.07

Lorsque je suis monté sur la balance hier soir

... j'ai vraiment cru qu'elle déconnait, genre aha la bonne blague.
En fait non. J'avoue que j'avais un petit doute depuis quelques jours en me regardant dans le miroir, mais tout de même... Je ne vous dirai pas combien j'ai pris depuis mon arrivée, ça serait obscène. Et puis, paraît que ça se voit pas encore. Alors pour l'instant, chut.

Attardons-nous plutôt sur une semaine riche en évènements de toutes sortes. Et d'abord sur ce match de football auquel j'ai assisté dimanche dernier, malgré le fameux "conseil au voyageur" dissuasif du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes : "A Buenos Aires, une vigilance accrue est nécessaire dans le quartier populaire de la Boca où il est vivement déconseillé de s’éloigner du Caminito, notamment les jours de match de football."

Buenos_Aires_La_Boca_P2070003
A l'évidence, je n'y mettrai pas les pieds tous les jours, même s'il n'est rien arrivée de fâcheux. Faut dire que je n'avais pratiquement rien emmené, mon appareil photo était resté à la maison. Alors on se contentera d'un cliché extrait de wikipedia pour évoquer le Caminito, une sorte de Montmartre flashy mais un peu trop sophistiqué à mon goût. Sinon, le quartier autour du stade La Bombonera (en forme de boîte à bonbon) était littéralement barricadé par les forces de l'ordre. Pourtant le match ne semblait pas à risque - Boca Juniors contre Hurican, une équipe relégable en D2 argentine -, mais allez gérer des débordements éventuels dans une foule de 55 000 suporters, d'autant plus dans des rues quadrillées tous les 100 mètres.


Les 90 minutes de jeu ont été les moins intéressantes. Car le véritable spectacle bien évidemment, ce fut le public. Ca chantait très fort, ça gueulait à gorge déployée. Pendant ce temps le vendeur de boissons, son plateau à bout de bras, risquait à chaque seconde de tomber dans la tribune sur laquelle nous étions amassés. Si quelques expectorations nous sont parvenues de la tribune du dessus, le tout s'est déroulé dans une ambiance bon enfant. Il a juste fallu attendre une bonne demi-heure après la fin du match, le temps de faire sortir les supporters de l'équipe adverse, afin d'éviter les confrontations. Aussi, n'hésitez pas à aller voir un match à la Bombonera si vous êtes enrhumé, ça vous évitera les odeurs infectes de nature plus ou moins identifiée dans les escaliers d'accès aux tribunes.

Toujours en matière de sport, quasiment personne n'est passé à côté de l'ouverture de la Coupe de Monde de rugby, France-Argentine. Sur le coup de 16h, nous avions investi un bar sans ambiance, les meilleurs pubs affichant complet. Ce qui fait que lorsqu'on s'est levé à trois pour crier La Marseillaise devant l'écran, on s'est senti un peu seuls. Mais ce n'est pas grave. En fait, demandez-vous pourquoi, le bar est rapidement devenu bruyant par la suite...

Moi, je suis parti 10 minutes avant la fin. Bonne excuse : j'avais rendez-vous avec la fac pour visiter les studios d'America TV, l'une des quatre chaînes principales de télé du pays. Alors, on a vu la régie, la rédaction, les cabines de prise de son, le grand studio. Le must : nous avons assisté en direct au JT de 19h-20h30 sur les deux plateaux, juste à côté des caméras. D'ailleurs, le réalisateur a piqué sa petite colère quand la présentatrice à l'antenne a eu le malheur de jeter un oeil vers nous. Ayant déjà vu l'enregistrement d'un JT, l'effet de surprise fut moindre, mais ça c'est avéré malgré tout super intéressant, et marrant (notamment quand tu te dis qu'à une dizaine de mètres près, tu peux devenir super célèbre en étant vu par des millions de téléspectateurs :p).
Ajoutons qu'America TV ne porte pas son nom par hasard. Les noticias privilégient le spectaculaire et le fait divers. Ainsi elles n'hésitent pas à montrer en gros plan, gisant dans le sang, le cadavre d'un Homme abattu à bout pourtant dans un kiosque à journaux de Buenos Aires. J'ai aussi été surpris lorsque j'ai entendu un extrait du soundtrack de GoldenEye sur le spot de recherche d'une femme disparue. C'est ce que nous appelons en France le syndrôme Julien Courbet, et ça commence à bien faire.

Sur le chemin du retour, il étaient bien une vingtaine de quidams à s'être arrêté chez un petit disquaire qui diffusait le DVD d'un concert de Lucianno Pavarotti.

01.09.07

Evita e yo - y viceversa

" Rio de la Plata
Florida, Corrientes, Nueve de Julio
All I want to know
Stand back, Buenos Aires !
"


279402198_c49bc84ae5

Pourquoi Buenos Aires ?
Je crois qu' "Evita" y est pour beaucoup. Je vais ni plus ni moins vous parler de celle sans qui je n'aurais probablement pas mis les pieds en Argentine.

Si, tout du moins en France, on connaît le film d'Alan Parker avec Madonna (très bon d'ailleurs) et le titre "Don't cry for me Argentina", "Evita" reste avant tout un musical. Comme de nombreux musicals malheureusement méconnus du grand public français, le spectacle est signé Andrew Lloyd Webber. Il a été joué pendant dix ans dans le West End à partir de 1978, à Broadway, puis repris à Londres en 2006. Comme toujours chez ce compositeur, le succès s'est avéré immense (pour plus de détails, lisez donc ici).
La comédie musicale britannique, je précise, n'a absolument rien à voir à ce que nous en connaissons en France. Et les clichés auront la vie dure chez quiconque n'ayant jamais vu ce qui constitue ni plus ni moins un spectacle grandiose, avec orchestre, chanteurs, comédiens, artillerie impressionnante de décors, grands renforts d'effets spéciaux. Les musicals, tout du moins à la sauce Lloyd Webber, sont de véritables bockbusters sur scène comme on n'en voit nulle part ailleurs. La qualité d'écriture musicale, l'alchimie entre le fond et la forme, amènent à dépasser le simple spectacle. Pour moi, l'art populaire trouve ici l'un de ses exemples les plus parfaits. Parenthèse fermée.
Evita est librement inspiré de la vie d'Eva Perón...
[Eh oui une nouvelle parenthèse, historique cette fois s'impose. Ne m'en voulez pas trop.]
Née en 1919 dans un milieu défavorisée, la toute jeune Eva débarque à l'âge de 15 ans à Buenos Aires, espérant donner de l'éclat à sa vie, et devient actrice. Elle se marie avec le colonel Juan Perón, président de l'Argentine de 1946 à 1955 notamment. Or l'élection de Perón trouve l'une de ses explications par la très grande popularité de sa femme auprès de la classe populaire. Eva Perón s'affiche en défenseuse des plus défavorisés, ce qui l'élève au rang de véritable mythe. Un cancer l'emportera à l'âge de 33 ans. Si le musical de Lloyd Webber est le récit de cette vie et l'Histoire d'un pays, il dresse également un portrait discutable de l'héroïne, manipulatrice et ne vivant finalement que pour sa propre gloire, mais qui est rentrée à jamais dans le coeur des Argentins. Encore aujourd'hui, son visage en photographie est affiché dans de nombreux lieux et son nom taggé sur les murs.
Le film de Parker sur la musique de Lloyd Webber, avec Madonna dans le rôle-titre, et Antonio Banderas dans celui du Che, n'a pas été très bien accueilli. Les Argentins auraient préféré une actrice du pays pour incarner leur icône, mais l'oeuvre musicale, scénique puis cinématographique reste malgré tout très respectueuse de son sujet.

Et voilà ce qui arrive : je crois que plus ou moins consciemment, l'envie de passer un an ici, à Buenos Aires, vient de ce qui n'était au départ qu'un bon pour acheter un DVD voici deux ans. Lorsque je passe par la gare du Retiro, lorsque que je marche dans ces grandes et hautes avenues bondées de bus et de taxis, je ne peux m'empêcher de penser à cette scène où Evita débarque pour la première fois dans cette ville énorme et tumultueuse. Et finalement ses rêves sont un peu les miens.

A la question : 40 jours après être arrivé en Argentine, ça te plaît ? La réponse est oui. Mille fois plutôt qu'une ^^

PS : Les plus grands fans et/ou curieux s'octroieront une visite sur deezer.com, et écouteront "Requiem for Evita", donnant une idée de la touche Lloyd Webber : mélange des genres, grandiloquence, et rare intensité dramatique. Et pitié, ne vous arrêtez pas avant 2'34. Tout l'intérêt vient après :p (voici ce qui arrive quand on n'arrive pas à copier correctement un lien HTML sur son blog).


Enfin, c'est totalement hors sujet, mais je voulais signaler et faire un peu de pub pour le blog de JP, qui est arrivé il y a quelques jours en Floride, et où il va passer un an. Rendez-vous sur Lost in Tampa Bay ^^

« Accueil  1