06.11.07
Folie légère
Quitte à énerver sérieusement mon lectorat, je ne peux résister à l'envie de le crier :
JE SUIS EN VACANCES !
Pour fêter cela, laissez-moi vous pondre un article décousu.
C'est officiel, la fac nous a envoyé cet après-midi le mail conclusif du semestre ("...Esperamos que hayan tenido una buena experiencia en la USAL y en nuestro paìs y aprovechamos pare enviarles nuestros mas afectuosos saludos"). La rentrée pour mon deuxième semestre est pour le... 10 mars. Tandis que les cours dans les autres universités terminent fin novembre ou fin décembre, nous autres étudiants de la USAL disposons de grandes vacances particulièrement longues : plus de quatre mois.
Déjà depuis quinze jours, je ne faisais plus grand chose niveau études (... aheum chut ! mauvaises langues, taisez-vous). Et malgré tout, les partiels sont dans la poche. Cela fait d'ailleurs une dizaine d'années que je n'avais pas obtenu de telles notes. Jugez par vous-mêmes : 18, 18, 18 et 20 (il m'en manque encore une, probablement légèrement en dessous). D'un côté, c'est bien risible. On peut y voir le résultat d'un choix habile des matières, combiné à un niveau d'enseignement et d'exigence relativement faible pour ces dernières.
Je donne davantage de détails là-dessus dans un texte que vous pouvez dénicher en cherchant ici, à défaut de ne pas avoir accès à la version papier du journal. Un journaliste s'est en effet intéressé à notre point de vue d'expatriés, et nous a demandé de livrer nos impressions. Conséquence : mon coloc et moi nous retrouvons ce mois-ci à la une de Trait d'Union, le journal mensuel de la communauté française d'Argentine.
Ah oui, je voulais aussi vous dire qu'en ce moment, je joue beaucoup d'accordéon. J'ai très vite récupéré mon niveau malgré 3 ans pratiquement sans jouer, et je crois que je n'ai jamais été aussi bon. Apprentissage de chansons françaises, travail de l'oreille et... expérimentation électro ^^ Ca entraîne, ça surprend, et dans les soirées, c'est tout juste énorme.
Sinon, quand je ne joue pas de musique, il m'arrive de cuisiner -chose assez rare pour être signalée-. Si j'ai plutôt eu tendance à me spécialiser dans la crêpe bretonne, je voudrais vous présenter ces empanadas, une spécialité argentine consistant à fourrer des petits chaussons avec un peu n'importe quoi (viande, jambon/fromage, blanc de poulet, etc). Et ouais, c'est bon.
Et puis, ce qui me prend pas mal de temps actuellement, ce sont les démarches afin d'effectuer ce voyage...
Ca paraît gigantesque, et ça l'est. Vers le 20 novembre, je vais en effet quitter Buenos Aires (et son été insupportable, aux dires des Porteños) pour de longues semaines. Je détaillerai davantage le projet de voyage avant mon départ...
Pour l'instant, l'actualité est surtout aux vaccins. La probabilité d'attraper tout un tas de cochonneries est trop importante pour se permettre de jouer avec le feu. Alors outre les indispensables français qu'il faut avoir à jour, il convient de rajouter la protection contre l'hépatite A, la typhoïde, la fièvre jaune (obligatoire), voire la rage. De plus, un traitement préventif assez contraignant contre la malaria est nécessaire (si tu n'es pas protégé, tu es quasimment certain de l'attraper, et c'est une belle saloperie que tu traînes à vie). Je passerai outre toutes les autres recommandations sanitaires qu'on m'a donné à l'hopital.
On y réfléchit donc à deux fois avant de voyager en Amérique du Sud, et particulièrement dans les endroits où l'on veut mettre les pieds ^^ A l'évidence, l'excès de prudence ne sera pas de trop, mais l'occasion est trop belle pour ne pas se permettre d'en profiter et de vivre un voyage qui va prendre une autre dimension, encore plus exotique, excitante et enrichissante.
J'ai une chance de malade. J'aimerais bien en prendre conscience.
30.10.07
"Félicitations ! Vous êtes l'heureux gagnant..."
Ce week-end, nous étions invités à la maison de campagne d’une copine de la fac, étudiante en art. Enfin quand je dis «maison», entendez par-là «domaine», dont la famille est propriétaire depuis plusieurs générations et sur lequel elle exerce un pouvoir oligarchique qui s’étend à plusieurs kilomètres à la ronde.
Nous avons ainsi passé deux jours
parmi la très haute bourgeoisie artistique et intellectuelle. La grand-mère règne
en maîtresse. Elle a 82 ans mais paraît dix ans de moins, porte un survêtement
de sport et des lunettes de soleil très épaisses. Une sorte de Cruella, si vous
voulez, avec une hystérie et un snobisme particulièrement développés.
On croise aussi dans cette
famille des artistes et des intellectuels. Une arrière grand-mère est
fondatrice d’un salon littéraire (elle a d’ailleurs donné son nom à l’un des
rayons dans la bibliothèque de l’Alliance Française de Buenos Aires) et l’un
des autres membres de la famille, professeur à la New York University, a remporté
le soit-disant prestigieux Prix Guggenheim. On arrête là la presentation des
personnages, vous voyez le genre.
Être étranger et surtout français a grandement facilité notre insertion car notre culture véhicule auprès d’eux une certaine image de noblesse : celle de Paris ou de la province normande, chère à Proust, Corneille ou Hugo. La grand-mère et quelques autres savent parler notre langue, apprise au lycée français de Buenos Aires. Et puis, savoir jouer de la musique (particulièrement de l’accordéon) légitimise d’autant plus notre présence. Nous venons briser la monotonie de leurs existences rythmées par des rituels et des traditions qui les ennuyent probablement. On est des troubadours en quelque sorte, mais des troubadours de choix.
Durant ce séjour, les clichés ont
cottoyé les clichés. Le paysage fait partie de l’expérience. Derrière les grandes
allées d’arbres et la palmeraie, piscine et cours de tennis sont ici la moindre
des choses. Tout autour de la pelouse sur laquelle donne la maison principale, on
trouve un chemin de croix, et même… une chapelle.
Avec son mobilier de grande
qualité et ses peintures accrochées au mur, la décoration intérieure de la
maison est raffinée au plus haut point. Chaque étagère, chaque bibelot est à sa
place. Les chambres sont investies par cette odeur si particulière du pétrole
qui apporte la chaleur lorsque le temps est au froid.
Il faut aussi compter avec les domestiques. La femme de ménage veille à la propreté constamment irréprochable des pièces, le cuisinier (avec son tablier blanc) s’occupe de préparer et de servir des repas raffinés, et l’écuyer prend soin de la vingtaine de chevaux possédés par la famille.
Au milieu de tout cela, tandis
que nous veillons à ne pas commettre trop de bourdes dans nos comportements,
nous sommes témoins de tous ces rituels et clichés qui nous semblent tout droit
sortis d’un film d’époque.
En cela, le repas est un moment
de la journée parmi les plus intéressants. Autour de chaque assiette, on
compte deux fourchettes, deux couteaux, une cuiller, et une tranche de pain
posée sur une coupelle à gauche des deux verres. Au moment de servir le repas,
le cuisinier surgit de derrière un paravent et pose le plat sur un buffet, puis
se retire de la pièce. Ensuite, chacun prend son assiette, et va se servir avec
parcimonie. Il suffira de se relever si l’on a encore faim.
Le repas est court. On n’est pas
ici pour parler, et dès que le dernier a terminé son assiette, tout le monde se
lève et sort de la pièce. Attention à l’accent, aussi. Le « me llamo »
à la sauce argentine bourgeoise ne se prononce pas « me chamo » comme
c’est le cas dans la classe populaire, mais plutôt « me jamo » (« j »
à la française). Pour appeler le cuisinier (notamment afin de débarrasser les
assiettes avant le dessert), la grand-mère dispose bien sûr de sa petite
clochette. D’ailleurs, lors du dîner du samedi soir, cette dernière critiquait
la nourriture lorsque le cuisinier est arrivé sans trop prévenir afin de reprendre
les assiettes. Du coup, la vieille a subitement changé de langue et s’est mise
à continuer… en français ^^
A 19h, c’est l’heure du thé. On le prend dans la même pièce mais pas à la même table, avec toasts, beurre et miel. Tout a été préparé avec minutie, des couverts au choix du lustre à allumer. A mon avis, c’est à peine si les propriétaires connaissent l’emplacement des interrupteurs.
Puis, week-end électoral
important oblige, un autre grand moment aura été le vote. Les filles de notre
âge n’y connaissent absolument rien et leur « choix » se porte sur la
candidate de la grand-mère qui viendra défendre au mieux les intérêts de la
classe, ou, mieux dit, qui menacera le moins le patrimoine familial… Car ici,
la politique de droite n’existe pas vraiment et on est obligé de voter à gauche d’une certaine manière.
Avec la grand-mère et la copine
qui nous avait invité, nous avons rejoint en voiture l’école communale (ceinte
de fils barbelés…). A l’intérieur, des militaires s’occupent du déroulement de
la procédure. La grand-mère arrive en terrain conquis, elle parle à tout le
monde, c’est la maîtresse des lieux.
Le bâtiment est au milieu des champs, le long d’un chemin de terre de l’envergure d’une autoroute qui engendre un impressionnant nuage de poussière à chaque passage de véhicule. Nous sommes dans la pampa, une campagne qui n’a strictement rien à voir avec la cambrousse française mais s’apparente davantage à celle des Etats-Unis.
Si je me suis attaché à décrire quelques aspects de ce que nous avons vécu, je dois dire que ce que nous retiendrons, c’est surtout toute la dimension véritablement onirique de notre séjour. Et j’emmerde les moustiques qui, malgré le spray, m’ont totalement massacré d’une quarantaine de piqûres. Pourquoi me choisir, moi ? Je veux bien admettre que mon hémoglobine est peut-être plus sucrée que la moyenne, mais ce n’est certainement pas une raison pour me sucer le sang de la sorte. Sales bêtes.
Il y a du ridicule et du ringard dans cette photo prise au bord de la piscine, mais pas que ça… et j'assume totalement :p
Week end électoral
Et puis, en tant qu'étudiant en Institut d'Etudes Politiques et vivant à deux pas du palais présidentiel argentin, je me devais d'en dire un peu plus sur les élections qui se sont déroulées ce week-end en Argentine, et particulièrement l'élection présidentielle.
La grande gagnante, sans surprise, c'est elle :
Car il s'agit bel et bien d'une Présidente : Cristina Kirchner. Celle qui était jusqu'à présent première dame du pays a été désignée parmi 13 autres candidats pour succéder à son mari. Les sondages la donnaient largement gagnante devant Elisa Carrio (également une femme... qui a dit que l'Argentine était un pays machiste ?). Pas de surprise donc. Cristina a obtenu un peu moins de 45% des voix. En dépassant de 10 points le second, elle a donc remporté directement l'élection, comme le prévoit la constitution argentine. La campagne s'est avérée quasi inexistante, jugée sans idées et sans intérêt porté par des Argentins blasés de la politique. Mais ici, le vote est obligatoire (sous peine d'amendes), et pour ne garder que cela à l'esprit, j'ai été surpris d'apprendre que la vente de boissons alcoolisées est interdite toute la journée du dimanche, et que les théâtres et cinémas doivent rester porte close.
La nouvelle Présidente suivra très probablement la politique de son mari, qui avait sorti le pays de la crise économique de 2001 (depuis 2003, le taux de croissance est de 9% par an). Le premier problème qu'elle aura à régler est sans conteste l'inflation, qui atteint en ce moment des sommets (15 à 20%). Mais le programme de Kirchner paraît pour beaucoup bien flou, et aucun débat avec l'opposition n'a eu lieu pendant la campagne. La candidate s'est contentée de marteler son sloggan placardé autant dans le métro qu'aux derniers étages des buildings, "on sait ce qu'il reste à faire et comment le faire". Pour autant, aucune annonce de mesures concrètes. L'ambiance dans le pays est donc plutôt à l'espectative. On attend de voir.
A noter aussi la présence très remarquée apparemment de Ségolène Royal, invitée VIP de ce week end électoral. La presse s'est enflammée, c'était un petit évènement en soi. Et même si ses bagages étaient restés bloqués à Sao Paulo, cela ne l'a pas empêchée de venir prendre un bain de confettis aux côtés du couple présidentiel, après le premier discours officiel de Cristina.
22.10.07
Promenade (Andante non troppo)
L'été s'installe bel et bien à Buenos Aires... Le Soleil resplendit et les températures montent chaque jour à 25°C. Ca peut paraître encore raisonnable (ne vous inquiétez pas, ça va encore grimper), mais ça n'a strictement rien à voir avec l'été français. En raison de l'humidité ambiante, il fait tout de suite archi-lourd, et pour peu qu'il y ait beaucoup de circulation urbaine, cela en devient rapidement insupportable.
Dans ce cas, autant chercher les espaces verts pour se poser sur un banc, lire un bouquin, regarder les enfants balader leur grand-mère ou boire du maté. Cela n'aura rien d'évident pour celui qui débarque. Ce n'est pas que Buenos Aires manque de vrais parcs, c'est juste qu'ils sont mal situés. Car la plupart des espaces "verts" en plein centre, mieux vaut ne pas y songer. Leur entretien laisse un peu à désirer (exception faite pour la Plaza San Martin), et tu y respires la bonne odeur de la ville polluée.
Pour rejoindre véritablement la "nature", il faut monter un peu plus au nord, quitter le fourmillement urbain et traverser de grandes avenues. C'est ce que nous avons notamment fait ce week-end... Compte-rendu de promenades.
Balade avec Raph et Martin. A l'est de Palermo, nous découvrons des parcs immenses (50 ha), des pelouses à perte de vue, et des petits jardins. Le vélo, la trotinette, le pédalo et la calèche ont remplacé la voiture et le bus.
Les Porteños se dorent au Soleil, les gamins jouent au ballon, nourrissent les canards, des musiciens sortent leur matos pour un concert en plein air... Nous nous posons sur un banc, respirons l'air embaumé d'effluves printanières, écoutons les oiseaux chanter et le clapotis des vagues quand un pédalo passe sur le lac.
Puis nous décidons de rejoindre la côte, à quelques centaines de mètres. Mais voir la véritable mer à Buenos Aires est difficile... Pour y accéder, c'est un parcours du combattant. Il nous a bien fallu traverser 3 énormes avenues, une autoroute et même contourner un aéroport ! Mais le périple vaut le coup : les Boeing en atterrissage passent 10 mètres au-dessus de nos têtes (confirmation obtenue auprès d'un Porteño qui tient son stand de bouffe juste à côté). Ca s'avère très impressionnant visuellement (je prendrai des photos un de ces jours) et auditivement ^^
Enfin, nous arrivons au bout, à ce que nous pourrions appeler le "finistère". La cabane des pêcheurs est installée sur l'estuaire du Rio de la Plata. L'aéroport et l'autoroute d'un côté, la mer de l'autre. L'ambiance de la scène est vraiment particulière. L'odeur de limon contre celle des pots d'échappement, le raffut des transports contre le calme serein des vagues, l'appel des airs contre l'appel du large. Ce lieu n'a pas vraiment de place pour exister. Quoiqu'on y fasse, on y est en permanence sur le départ.
Z'êtes encore là ? Je continue alors :p
Dimanche 21
Jour de la fête des mères en Argentine. Je repars en vadrouille, seul, cette fois. Même point de départ.
J'apprends qu'il y a un jardin japonais, payant (on m'a même dit qu'il y avait de gros poissons japonais dans le lac !). J'irai le visiter un de ces jours. En attendant, je pars à la découverte de l'un des endroits les plus riches de la ville, avec hippodrome, clubs de sport privés, observatoire astronomique...
Non loin de là se trouvent d'ailleurs les résidences des plus fortunés, à Palermo Chico (à différencier de Palermo Viejo, quartier artistique -cf. post du 16.10-, et de Palermo Hollywood, fréquenté par les professionnels de la télévision et du cinéma). C'est l'un des rares endroits sans trottoirs défoncés et qui délaisse le plan urbain en damier par segments de 100 mètres : les rues sont beaucoup plus resserrées sur elles-mêmes, le communautarisme apparaît évident. Et évidemment, c'est sans compter sur les multiples postes de gardiens, les grilles et les caméras de surveillance.
Dès que je mets les pieds dans ce quartier, je sens bien que mon appareil photo et moi ne sommes pas bienvenus. Les regards sont lourds, suspects. De là à penser que je fais des repérages pour un éventuel cambriolage, il n'y a vraiment pas loin.
Puis je décide de continuer ma route en me rapprochant de la voie ferrée qui amène à la gare du Retiro. Très vite, changement total d'ambiance et de décor. On ressent l'énorme mur symbolique qui se dresse. Les grillages de tous côtés semblent matérialiser une grosse frontière.
De fait, derrière deux épaisseurs de grillages, les barbelés et les voies ferrées : un bidonville. Espace où il est bien sûr totalement inconcevable de mettre les pieds si tu ne fais pas partie de la communauté.
A essayer d'observer depuis mon espace sécurisé, à tenter de prendre mes photos entre les mailles des grillages, je me sens plus que jamais paparazzi de la pauvreté. D'un côté, c'est bien dérangeant.
Le seul véritable contact que j'aurai établi avec "l'autre côté" aura été celui avec les moustiques. Ils m'ont assailli et piqué un peu partout, véhiculant probablement toutes sortes de saletés... mais faut savoir si l'on veut faire du reportage de terrain ou pas ^^
Enfin, retour progressif dans le centre via les grands axes de circulation en début de soirée. L'occasion, aussi, de jeter un oeil à la City (quartier des affaires, comme son nom l'indique), entre Puerto Madero et le centre-ville plus commercial.
Et je terminerai ce post sur cet amusant panneau publicitaire :p
20.10.07
Les Français se cachent
Vu que la France avait perdu les deux matchs de la Coupe de monde de Rugby auxquels j’avais
assisté, je me suis sacrifié pour ne pas regarder la petite finale contre l’Argentine. J'espèrais ainsi porter chance aux Bleus, l'intention était louable.
Reste que je me suis posé dans un bar durant les 4 dernières minutes de jeu, et la conclusion s’est imposée d’elle-même : le rugby se
fout bien de moi. Mais d’une certaine manière, je le lui rends
bien.
18.10.07
Il n'y a point de fuite
Avenida Corrientes
16.10.07
Calle Sta. Rosa
quartier de Palermo
12.10.07
3..2..1... Antenne !
Décidemment, j'avais bien fait de choisir cette classe de Technologie de la télévision, qui fait la part belle à la pratique et permet de sortir du cadre habituellement théorique des cours. Après la visite des studios d'America TV, et en attendant le tournage d'un spot publicitaire dans les prochaines semaines, nous nous sommes attaqués à la réalisation d'un JT, dans le studio reconstitué du sous-sol de la fac !
Tout avait été préparé, chacun son rôle : producteur, assistant de production, réalisateur caméra, décorateur-scénographe, maquilleur, éclairagiste, cameraman, etc. J'étais personnellement chargé de manipuler la caméra 1, tout content bien entendu de multiplier les zooms et travellings, et de régler la netteté de l'image. Et croyez-moi ou non, même si je n'avais qu'à alterner plan général et plan moyen sur la présentatrice, ce n'était pas si évident que ça, et il fallait une certaine concentration, entre avoir à écouter les directives de ma réalisatrice et continuellement prêter attention au cadre.
Un véritable travail d'équipe que chacun a pris à coeur, avec un certain professionnalisme et beaucoup de bonne humeur, une très bonne expérience qui permet d'approcher l'ambiance d'un tournage. On s'y croirait.
Va pour quelques photos !
à gauche : en régie
à droite : Carlos et moi, les 2 cameramen ^^
à gauche : dernières mises au point avec le prof
à droite : agus et jose, nos deux présentateurs de choc !
à gauche : pause durant le tournage
à droite : l'envers du décor
07.10.07
Petite reine sur grande avenue
Des vélos sur l'avenue 9 de Julio ! Cela faisait dix ans...
200 coureurs ont participé sous le soleil à la 6ème édition de la "Colla", compétition prestigieuse voyant s'affronter les meilleurs cyclistes du pays. Une boucle de 1200 m, 80 tours, soit 100 km de course sur la plus large avenue du monde, au pied de l'obélisque...
Populaire, et bien loin de tout spectacle outrageusement sponsorisé.
Par ailleurs, BA accueillait ce samedi soir sa nouvelle édition de la "Nuit des Musées". Comme en France, la soirée fut l'occasion d'ouvrir plus de 100 musées jusqu'à 2h du matin, afin de les découvrir sous un autre regard : concerts, spectacles, illuminations...
Et sinon, Francis Ford Coppola voudrait récupérer son ordinateur.
04.10.07
Dans mon laboratoire
Je ne poste pas souvent d'articles détaillés ces jours-ci. Faut dire que je suis assez occupé -le boulot est venu mettre son nez là-dedans- et la simple idée d'avoir à écrire ce que je vis et ce que j'observe me décourage déjà, surtout parce que je crois encore manquer d'un peu de recul pour être fin dans mes analyses. On fait si rapidement des interprétations et des jugements de valeur erronés que parfois l'on préfère se taire.
Ce dont je suis certain, c'est que plus les jours passent, plus je me rend compte que la France et l'Argentine, ou plutôt que Paris et Buenos Aires, sont différents l'un de l'autre. Il y a de ces pays où le clash culturel est immédiat (d'ailleurs Arthur est arrivé au Japon !) et d'autres qui jouent un certain temps au mirage de la ressemblance. Ainsi quand on débarque à BA, ça ressemble effectivement à Paris, peut-être moins architecturalement que dans des modes de vie apparemment très occidentaux. Comme j'avais déjà pu l'écrire, on n'est pas fondamentalement dépaysé...
Mais en fait, la ville cache bien son jeu. Derrière l'ambition d'égaler les grandes métropoles cosmopolites, qui sont prises comme modèles, se cachent des disparités culturelles et sociales assez énormes et fondamentales. Dissimulées, elles apparaissent tandis que l'on s'éloigne de l'approche première touristique et pleine de préjugés. L'une des problématiques essentielles est peut-être là.
En fait, la meilleure posture, à laquelle il faut tenter de s'astreindre, reste peut-être celle du "scientifique". Vous savez, la fameuse démarche :
1/ observation
2/ hypothèse
3/ conclusion
Sinon, j'ai ajouté dans la colonne de gauche quelques liens vers des sites références, qui retranscrivent très bien le quotidien argentin ou l'actualité du pays dans lequel je suis plongé parfois au plus près (habiter en plein centre entre l'avenue du 9 Juillet et le palais présidentiel donne droit à toutes les manifestations et rassemblements de protestation, au moins une fois par semaine).
Enfin, place à un point culturel, afin de vous présenter la Casa Rosada. La "Maison Rose" n'est autre que le siège de l'exécutif, en plein centre de la ville, à 500 mètres de chez moi. C'est devant elle que s'achèvent la majorité des manifestations, qui ont d'ailleurs pour conséquence de bloquer complètement la circulation dans le centre : vous n'avez plus que vos pieds pour vous déplacer (j'en ai fait l'expérience...). Les très nombreuses manifs expliquent aussi la présence permanente de barrières métalisées noires devant le palais que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous. Cela gâche un peu la beauté du site, c'est vrai.
La Casa Rosada se situe sur la plaza de Mayo, le site central de la ville, où l'on trouve également la catédrale, que je vous présenterai une autre fois. Pour l'anecdote, la peinture rose est obtenue avec du sang de taureau ! Plus de détails sur le monument grâce à Wiki ici.
L'actuel (P)résident est Nestor Kirchner (péroniste de centre-gauche), mais les électeurs argentins devront élire leur nouveau chef de l'Etat le 28 octobre prochain. D'ailleurs, Mme Kirchner est donnée grande favorite... Alors, une femme au pouvoir en Argentine ?




























































